Engie lorgne les actifs renouvelables d’EDF pour accélérer la cadence dans les ENR

Inevitablement, la guerre en Ukraine rebat les cartes pour Engie, qui reste un des principaux importateurs de gaz russe en Europe. Car le risque d’une rupture d’approvisionnement de ce fossil fuels, décidée soit par les Vingt-Sept, soit directement par Moscou, plane plus que jamais sur le géant tricolore. De quoi l’obliger à revoir knows his stratégie, au moment même où son president, Jean-Pierre Clamadieu, se voit renouvelé pour un second mandat.

The question était au cœur of the assemblée générale des actionnaires de l’entreprise, ce jeudi 21 avril. Et pour cause, ces dernières années, le groupe gazier a tissé sa toile dans le pays de Vladimir Poutine. S’il n’y exploite pas directement d’al infrastructures de production d’hydrocarbures, il a par exemple accordé in 2014 un prêt de pas moins de 1 milliard d’euros pour financer le gazoduc Nord Stream 2, qui devait relier la Russie à l’Allemagne en passant par la Baltique, corn a été abandonné après l’offensive du 24 février. Surtout, Engie se trouve lié par des contrats d’approvisionnement à long terme concluded avec l’enterprise d’État russe Gazprom, qu’il continue d’honorer à ce jour.

However, ” le groupe se mobilize pour réduire sa dépendance à la Russie Catherine MacGregor, a fait valoir devant l’Assemblée sa director general. Notamment par la diversification de son portefeuille d’achats de gaz, en se tournant notamment vers la Norvège, l’Algérie ou les États-Unis. À cet égard, Engie pourrait même en partie “profiter” of an éventuel embargo sur le gaz Russe, qui représente près de 20% de son approvisionnement. Et ce, en acheminant massivement du gaz de schiste américain, dont les importations en France explosent actuellement le plafond. Et pour cause, l’énergéticien tricolore opère trois des quatre terminux méthaniers de l’Hexagone, qui perment de regazéifier le gaz naturel liquéfié (LNG) à son arrivée sur le territoire, une étape nécessaire avant de pouvoir l’exploiter.

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A massive développement dans les renouvelables

Surtout, à moyen terme, plutôt qu’une inflexion, la crise poussera Engie à « accélérer la réalisation de [sa] transformation “, Laquelle est déjà entamée, a tenu à rassurer Jean-Pierre Clamadieu jeudi, qui s’était déclaré” en ordre de marche et à l’offensive »Dans un entretien accordé au Figaro et publié la veille au soir. Car le plan global n’a pas changé: celui de « faire d’Engie a champion des énergies renouvelables »Et des infrastructures énergétiques, en l’éloignant peu à peu des activités dans les combustibles fossiles, to souligné Catherine MacGregor.

De fait, le groupe a tenu ses objectifs dans les renouvelables, avec 9 GW de capacités mises en service between 2019 and 2021. Et entend désormais investir de 15 à 16 milliards d’euros dans le domaine d’ici à 2023, avant de passer à près de 50 GW en 2025 puis 80 GW en 2030 (against 34 GW aujourd’hui). La crise pourrait notamment pousser l’émergence du biométhane, obtenu par fermentation de matières organques, qui ne pèse aujourd’hui que 2% de la consommation en France.

Alors que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) actuelle vise 7% en 2030, Engie pense ainsi pouvoir parvenir à 15% à cette date, et vise même 100% d’ici à 2045 – date à laquelle l’entreprise promet la «Carbon neutrality». Le groupe compte également accélérer dans l’hydrogène based coal, with an objectif of 4 GW d’ici à 2030.

Et alors qu’il a dégagé de confortables bénéfices en 2021, porté par la flambée des prix de l’énergie (avec un résultat d’exploitation en augmentation de plus de 40% par rapport à 2020), l’énergéticien semble armé face à ces ambitions. Indeed, sa trésorerie of him dépasse aujourd’hui les 10 milliards d’euros. D’autant qu’il a récemment recentré ses activités en procédant à des cessions massives à hauteur de 9.2 milliards d’euros, dont 32% de Suez cédé à Veolia, et l’entité Equans à Bouygues.

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The groupe lorgne les activités renouvelables d’EDF

A situation qui interroge sur d’éventuelles acquisitions futures, et notamment cells des activités renouvelables d’EDF. Et pour cause, alors même que les deux candidats à l’élection présidentielle entendent relancer l’atome civil, the operator historique fait face à une situation financière compliquée, entre the augmentation du quota d’électricité qu’il devra vendre à ses concurrents à prix cassés en 2022 et, surtout, les défauts de corrosion qui affectent son parc nucléaire.

Dans ces conditions, « l’Etat, actionnaire très majoritaire d’EDF, pourrait se spécialiser dans le nucléaire et l’hydraulique, et vendre ses actifs renouvelables à Engie, afin de financer plus facilement les futurs EPR », Estime Jacques Percebois, économiste et directeur du Center de recherche en économie et droit de l’énergie (CREDEN).

Tous les schémas sont possibles. EDF Renouvelables n’est pas au statut IEG [qui regroupe l’ensemble des entreprises qui produisent, transportent, distribuent, commercialisent et fournissent de l’électricité et du gaz naturel, Ndlr]et c’est cohérent avec les activités d’Engie, donc pourquoi pas », Ajoute Nicolas Goldberg, référent énergie au sein du cabinet Colombus Consulting.

L’État […] devrait dans les prochaines semaines fixer le cadre he permitting de se consacrer à la priorité essentielle que constitue le nucléaire. Nous verrons alors is hidden if traduit ou non par des opportunités. Engie est à la manœuvre et fort d’un bilan solide. Nous sommes dans une situation où nous pouvons saisir les opportunités si elles se présentent Jean-Pierre Clamadieu dans son entretien au pour sa part glissé Figaro.

De son côté, l’État, actionnaire d’EDF à 84% et d’Engie à 24%, dément formellement l’hypothèse d’un telle opération. “ Ce n’est pas à l’ordre du jour “, Avait quant à him souligné the EDF PDG, Jean-Bernard Lévy, la semaine dernière, critiquant” des spéculations qui n’ont pas grand sens “.

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Plusieurs dossiers restent sensibles

D’autant que, chez Engie, de nombreux défis subsistent. Y compris sur la dynamique de déploiement des énergies renouvelables dans l’Hexagone, alors que la candidate du Rassemblement National à l’élection présidentielle, Marine Le Pen, promet un moratoire sur les panneaux photovoltaïques et les éoliennes, et même un démantèlement progressif de ces dernières. Qualifiée jeudi d ‘« aberration »Par Jean-Pierre Clamadieu, cette proposition pourrait ainsi put a mal les ambitions d’Engie dans le domaine.

Le plan d’Emmanuel Macron pourrait d’ailleurs he aussi freiner la cadence, puisque si le président-candidat a acté son objectif de développer massivement les éoliennes en mer, il a récemment rétropédalé sur leurs homologues terrestres.

In outre, the question du nucléaire belge remains a dossier pour le moins sensible. En effet, pris de court par la crise, le gouvernement du royaume a récemment choisi de prolonger de 10 ans deux de ses sept réacteurs, opérés par the branch of Engie Electrabel, qui auraient dû fermer en 2025 après la décision du pays de sortir de l’atome. ” Cette décision est tardive, et soulève des contraintes importantes de sûreté, de réglementation et de mise en œuvre. Nous travaillons avec le gouvernement sur la faisabilité éventuelle […] avec un partage équilibré des risques et des opportunités, et un alignement structurel d’intérêts », To ainsi précisé Catherine MacGregor.

“Ils veulent être sûrs que, s’ils entament les travaux et commandent le combustible, ils puissent bien opérer après 2025 avec des prix guarantees et des mécanismes de dédommagements”, commented Damien Ernst, spécialiste de l’énergie et professeur à l’iversité de Liège.

Et pour cause, si les prix de marché venaient à diminuer dans les prochaines années, Engie risquerait de ne pas parvenir à recouvrir ses investissements, qui seront forcément conséquents en la matière.

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