Les taux d’intérêt repartent à la hausse: faut-il s’inquiéter?

C’est une ritournelle que l’on entend depuis longtemps: l’ère des taux au plancher va bientôt se terminer, et notre économie, dopée à cette drogue pendant des années, va devoir se désintoxiquer. Yes les Cassandres ont été à chaque fois démenties par les faits, elles pourraient bien avoir enfin raison. La flambée d’inflation qui se répand dans l’économie ne se calme pas: en France, la hausse des prix s’est encore accélérée en avril (+ 4.8%), d’après les chiffres publiés ce vendredi matin par l ‘Insee. In the euro zone, it is raised to 7.5%. Aux Etats-Unis, elle to attint les 8.5% le mois dernier. Après avoir longtemps tergiversé, the banques centrales sont désormais prêtes à serrer la vis pour juguler la valse des étiquettes. “A court terme, on peut s’attendre à une banque centrale américaine ultra-agressive malgré la détérioration de l’environnement macroéconomique, juge Christophe Barraud, chef économiste chez Market Securities. Banque centrale européenne in the evening un peu moins, car le dérapage des salaires est pour the instant limité in the euro zone, but not plus rester de marbre face à inflation à deux chiffres que connaissent certains pays de l’union monétaire “.

A changement d’ère qui commence à se matérialiser et à se diffuser dans l’économie. Les taux des crédits immobiliers commencent à remonter dans la foulée de ceux des obligations d’Etat: les rendements des titres français ont ainsi attint 1.4%, leur point le plus haut depuis … 2014. Faut-il s’en inquiéter ? “Pour le moment, non, car le taux d’intérêt réel, c’est-à-dire corrigé de celui de inflation, n’augmente pas, explique Eric Dor, directeur des études économiques et professeur à L’IESEG School of Management. Tout dépendra donc de l’ampleur de la hausse à venir. ” Cette augmentation pourrait en effet faire de nombreux perdants. “C’est d’ailleurs le but: le renchérissement du coût du credit sert à brider la demand et donc freiner l’économie, ce qui est censé casser inflation”, décrypte Sylvain Bersinger, économiste chez Astères.

Premiers perdants: les Etats endettés, qui vont voir le service de leur dette s’alourdir au fil des ans …. La charge des intérêts qui avait fondu ces dernières années pourrait de nouveau grimper car certaines obligations sont indexées sur inflation. Selon des calculs de Fitch, la facture pourrait être de 11.5 milliards cette année. Et bien plus encore si les taux d’intérêt s’envolaient … “Cela ne serait pas un problème si inflation s’accompagnait d’une forte croissance économique, car les recettes supplémentaires permraient de financer ce surcroît”, souligne Eric Dor. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui: la croissance a stagné au premier quarter et avec la guerre en Ukraine et le ralentissement chinois, les perspectives des prochains mois ne sont pas au beau fixe …

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La douche froide pour les marchés financiers

Les menages et les entreprises ont aussi beaucoup à y perdre: le renchérissement du coût du credit risque de les mettre under pressure, et de brider leur consommation et leur investissement. Mais tous ne seront pas logés à la même enseigne. “Si leur rémunération augmente ou si les entreprises arriving à répercuter ces hausses de coût dans les prix, elles peuvent absorber une hausse des taux d’intérêt”, précise Eric Dor. Parmi les plus fragiles, les ménages surendettés à coups de crédit consommation, qui sont obligés de les renouveler, et les entreprises qui évoluent dans des secteurs fragilisés par la crise du Covid, la guerre en Ukraine, ou celles qui ont moins de marge de manoeuvre pour fixer leurs prix. “Et pour les petites et moyennes entreprises qui manquent structurellement de fonds propres”, rappelle Denis Le Bossé, president of the Arc cabinet, specializing in the recouvrement de créances. Avec un effet ricochet côté ménage: a risque de détérioration du marché de l’emploi …

Et s’il ya bien un secteur qui regarde avec anxiété le risque de hausse des taux c’est celui de l’mobilier. “Pour le moment, pas de panique: nous sommes passés d’une situation extrêmement favorable à une situation seulement favorable avec des taux sur 20 ans qui tournent en moyenne between 1.37 and 1.41%, et tant que nous restons sous les 2%, the n’y a pas de risque de retournement du marché “, relativise Stéphane Van Huffel, cofondateur de Netinvestissement, société de conseil en placements immobiliers. Les emprunteurs sont certes plus prudents, et les banques commencent à devenir plus exigeantes, après avoir distribué du crédit immobilier à tout-va, ma la phase ressemble plus à un retour à la normal qu’à unattractal brutal qui verrait les acheteurs déserter. Du côté des banques, un peu essorées par l’ère des taux bas, la hausse du loyer de l’argent pourrait par contre être une bonne nouvelle … mais pas tout de suite! “Elles empruntent à court terme pour prêter sur du long terme, donc au départ leur situation se degrade avant de s’améliorer”, résume Eric Dor.

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Enfin, pour les marchés d’actions, c’est en revanche la douche froide. “Entre la hausse des taux et de forts risques de baisses de profits, on assists déjà à d’importantes corrections boursières, et cela devrait continuer”, predicted Eric Dor. Et les nombreuses bulles qui ont gonflé pendant les longues années d’argent easy menacent à tout moment d’exploser. Mais le nuage le plus inquiétant est celui du risque systémique, d’un défaut qui plongerait par ricochet les acteurs du monde la finance, puis ceux de l’économie réelle, dans les frescoes d’une crise. “Le système financier est toujours gavé d’emprunts risqués: la moindre hausse de taux fait grimper le risque de défaut”, souligne Eric Dor. Freiner inflation, sans retourner l’économie: the mission des banquiers centraux est plus que jamais délicate.


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