Maxime Sbaihi: “Les actifs et les nouvelles générations n’ont pas à subir seuls le fardeau du vieillissement démographique”

Dans Le grand vieillissementMaxime Sbaihi analyzes the répercussions économiques et sociétales du retournement démographique à l’œuvre en France.

Votre livre est consacré à la place prépondérante des personnes âgées dans la société. Ce phénomène de «grand vieillissement» est-il une menace ou une opportunité économique?

Le grand vieillissement fait référence à un effet démographique inédit. La France vieillit comme jamais et la pyramide des âges, déformée par la vague des baby-boomers désormais papy-boomers n’a plus rien de pyramidal. Le grand vieillissement peut être une opportunité si nous entamons une politique de rééquilibrage des rapports between the classes d’âges and de la solidarité intergénérationnelle. Mais cela peut être une menace si nous continuons d’ignorer cette réalité en attendant d’être dos au mur démographique.

Vous vous intéressez au rapport between the générations. Qu’avez-vous thought of the affaire des Ehpad Orpea?

Ce scandale est revélateur des lacunes de notre société à gérer la fin de vie. Trois millions de personnes âgées sont en perte d’autonomie. Elles seront quatre millions en 2050. Les papy-boomers, qui ont commencé à partir à la retraite vers 2006, entrent dans cette quatrième vie, cells des plus de 75 ans, cells où l’on commence à perdre nos repères cognitifs et notre autonomie . Here goes s’en occuper? Les familles n’ont ni le temps ni l’argent. Faut-il créer plus 100 000 places d’Ehpad, faire du vieillissement dit actif à domicile? Here goes payer les 20 à 30 milliards d’euros nécessaires dans les prochaines décennies? Les actifs doivent-ils travailler encore plus?

Derrière le phénomène du vieillissement démographique pointe le problème du financement des retraites. La France a fait le choix d’un système par répartition qui, écrivez-vous, ne guarantees pas l’équité between les générations, faute d’avoir été recalibré à temps. Que faire?

Le système actuel réclame des efforts toujours plus importants aux nouvelles générations d’actifs qui se retrouvent avec des taux de cotisations records qui servent à financer a nombre de personnes record qui passent un temps à la retraite record. En France, the espérance de vie moyenne à la sortie du travail est de vingt-cinq ans. Sauf qu’on a de moins en moins d’actifs pour financer de plus en plus inactifs. Tout le problème est there.

Avec le confinement, nous avons tous été considérés comme des personnes âgées à risques. Ce que nous ne sommes pas. Or, l’hôtellerie, la restauration et le tourisme, directement percutés par la pandémie, sont des réservoirs à petits boulots pour les jeunes, premières victimes économiques de la crise

Reculer l’âge de départ à la retraite s’imposait depuis longtemps, corn François Mitterrand a décidé [en 1983] de faire le chemin inverse avec un rabotage du départ à 60 ans, à rebours de l’augmentation de l’Espérance de vie. On en paye les conséquences. Our régime de retraite ne marche pas. Il est déficitaire sur les dix années à come. The ne respecte plus l’équité entre les générations. The faut à tout prix réééquilibrer l’effort between the actifs et les retraités, dont le niveau de vie est supérieur au reste de la population. C’est une anomalie historique et très française. Demandons un effort aux retraités qui n’ont pas axisz cotisé au regard des besoins. Les actifs et les nouvelles générations n’ont pas à subir seuls le fardeau du vieillissement démographique. Aucune raison in le justifie.

But pensée s’appuie sur les travaux de Marc de Basquiat, here he proposed a système équilibré entre cotisations et pensions, doublé d’un mécanisme de solidarité intragénérationnelle (un prélème aux retraités est redistribué sous forme d’une garantie minimum de 450 euros). Couplé à un revenu universel pour tous [de 500 euros]ce système intelligent assure aux retraités 950 euros mensuels, sans augmenter les cotisations des actifs ni faire gonfler la dette sociale.

Lors de la crise sanitaire, France a fait le choix de stopper son économie pour protéger ses personnes âgées. Qui ne recevront jamais la facture de cette décision, regrettez-vous …

Nous avons rapidement constaté que les plus de 60 ans, plus vulnérables au virus, remplissaient à 90% les hôpitaux. Malgré cette hétérogénéité des risques au sein de la population, a été fait le choix d’une gestion sanitaire indifférenciée par âge, très injuste envers les jeunes. Avec le confinement, nous avons tous été considérés comme des personnes âgées à risques. Ce que nous ne sommes pas. Or, l’hôtellerie, la restauration et le tourisme, directement percutés par la pandémie, sont des réservoirs à petits boulots pour les jeunes, premières victimes économiques de la crise. Ce sont les seuls à avoir subi restrictions de liberté, pertes de revenus et pertes d’emploi. Les retraités, eux, n’ont pas souffert de la crise, leur pension étant garantie car insensible à la conjoncture. Face au sacrifice de la jeunesse, the effort à leur demander est non seulement économique mais aussi moral.

La dette est devenue une mauvaise habitude et non un outil de relance de l’activité. The investment représente it that 7% of the dépense publique. En revanche, les prestations sociales, fortement liées aux retraites et aux besoins de soins d’une population vieillissante, ne font que croître, jusqu’à peser 40% de la dépense publique

Vous expliquez que les nouvelles generations ne rattraperont jamais le retard pris sur le niveau de vie bien supérieur des seniors. La dette est-elle inéluctable ou avons-nous encore une capacité de rebond?

He said it, c’est un héritage du passé. En soi, ce n’est pas mauvais. Il ya des très bonnes raisons de s’endetter: relancer l’activité en période de crise, investir dans avenir. Mais la France est en déficit depuis 1974. La dette est devenue une mauvaise habitude et non un outil de relance de l’activité. The investment représente it that 7% of the dépense publique. En revanche, les prestations sociales, strong liées aux retraites et aux besoins de soins d’une population vieillissante, ne font que croître, jusqu’à peser 40% de la dépense publique. La remontée des taux d’intérêt à come placer la France dans une situation compliquée. Nous avons tellement pris Habitude de nous endetter en période faste comme en période de crise qu’on ne sait plus vivre autrement. C’est corrigeable quand vous avez une population dynamique, ça est beaucoup moins avec le grand vieillissement, qui pèse toujours plus sur les dépenses publiques.

Le pauvre d’antan était un retraité sur la fin de vie, le pauvre aujourd’hui est un jeune confronté à avenir, écrivez-vous. Sommes-nous aveugles à cette nouvelle pauvreté parce qu’elle est moins légitime?

Philosophiquement, on peut expliquer ce désintérêt pour la pauvreté étudiante si l’on pense que avenir est une forme de richesse. On se dit qu’à ce stade de la vie, tout est rattrapable, ce qui est moins le cas pour une personne âgée, qui n’a plus le temps de sortir de la misère. J’ai écrit ce livre car j’ai été stupéfait de voir, au plus fort de la crise sanitaire, des milliers d’étudiants de la septième puissance économique worldwide faire la queue pour obtenir de l’Aide alimentaire et manger à leur faim. La pauvreté de la jeunesse précédait l’arrivée du virus mais on la voyait moins. Le Secours populaire a constaté que près de trois personnes sur quatre accueillies in 2020 avaient moins de 45 ans. Cela se reflète dans le taux de pauvreté, le plus élevé chez les moins de 30 ans et le moins élevé chez les plus de 60 ans. Tout s’est inversé en un demi-siècle. Souci: notre filet de sécurité sociale est davantage adapté à la vieillesse qu’à la jeunesse.

Comment faire que notre social protection prenne davantage en considération les jeunes?

The existe plusieurs solutions. Ouvrir le RSA au 18-25 ans et déployer lecontrat d’engagement jeune [qui remplace la garantie jeunes depuis mars] ne sont pas de mauvaises idées en soi, mais elles souffrent toutes les deux d’une lourdeur bureaucratique desastreuse et elles ne règlent pas le problème de la pauvreté à la racine. Je préfère l’idea de revenu universel, qui crée un vrai filet de sécurité sociale sans trous ni discriminations par âge, statut ou classe. C’est un outil puissant pour lutter contre la pauvreté, en particulier cella des nouvelles générations.

Selon vous, l’apathie électorale des plus jeunes risque de se transformer en antipathie démocratique. Au regard des résultats de la présidentielle, le danger est-il réel?

Les études montrent qu’en plus de abstention, c’est la satisfaction de la démocratie qui est mise à mal. Plus les anciennes générations vieillissent, plus elles sont satisfaites du système démocratique. C’est the inverse pour les nouvelles générations. C’est là que se niche la temptation de la radicalité. Le risque de voir la jeunesse se détourner non seulement des urnes, mais aussi de la démocratie est donc à take très au sérieux par ceux qui nous gouvernent.

Penseur libéral

Maxime Sbaihi est économiste et chroniqueur à l’Opinion. Ancien directeur du think tank GenerationLibre, il est l’Auteur du Grand vieillissement (Editions de l’Observatoire, avril 2022, 174 pages, 18 euros).

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