“Nos dirigeants savent que leurs choix faussement généreux conduisent nos finances publiques vers abîme”

“Nos dirigeants ne sont pas sourds et ne font pas même semblant de l’être.” Getty Images

FIGAROVOX / TRIBUNE – Face à la dégradation de nos finances publiques, nos gouvernants ferment les yeux, s’inquiète Thierry Lentz. Ils doivent avoir le courage de dire aux Français qu’il va falloir souffrir a peu pour s’en sortir, ajoute le directeur général de la Fondation Napoléon.

Thierry Lentz is director general of the Fondation Napoléon et professeur associé at the Institut catholique d’Études supérieures de la Roche-sur-Yon (ICES). Dernier ouvrage paru est Napoléon. The unexpected biographiewith Fanny Farieux, Ed. Passés Composés, November 2021.


En quelques semaines, the alarm signals a été tiré par tout ce que la place compte d’experts, jusqu’au président de la Cour des comptes: l’état de nos finances publiques est inquiétant et pourrait virer au cauchemar. La constance de nos dirigeants à ne pas l’entendre pourrait laisser penser, comme dit le proverbe, qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre. On aurait tort de le croire, car ils entendent et ils savent. The preuve? La première ministre et son of her équipe de Bercy ne cessent de répéter qu’on va voir ce que l’on va voir avec le désormais célèbre “combien ça coûte”, joliment trouvé par un Bruno Le Maire toujours juste dans le choix des mots . Mais immédiatement après avoir craché juré que le “quoi qu’il en coûte” et “l’argent magique” sont terminés, voici cependant que les mêmes annoncent le train des augmentations de traitement, le déblocage du point d’indice, les primes, les boucliers et tout un arsenal qui n’est pas gratuit et sera même récurrent pendant des décennies. Et M. Attal de vouloir moucher the opposition in him disant que son program of him coûterait cent milliards pour se faire gloire dans la même minute de la frugalité gouvernementale à “seulement” 45 milliards de dépenses nouvelles. Notre État n’en a même plus le premier centime. The le sait. Mme Borne le sait. M. Le Maire le sait. Corn ils avancent tout de même.

On ne niera pas qu’il fallait sans doute en passer par la sur bien des points. Toutefois, sauf à contracter de nouvelles dictes, ces améliorations des situations individelles ne pourront se faire qu’au détriment des investissements et des moyens ou, si l’on préfère, de la qualité du service public. On n’imagine pas en effet que les sommes mises au budget des ministères suivront la même courbe que cells des salaires. De toute façon, le faire serait pour de bon un suicide. En clair, le policier et le gendarme seront mieux payés mais pas mieux équipés; le juge gagnera plus mais travaillera toujours sur ses logiciels obsolètes by lui dans des “palais” crasseux; the surveillant ne qu’entasser un peu plus les détenus dans des prisons vieillissantes; le militaire n’aura ni meilleurs gilets pare-balles ni même plus de munitions quand il sera en mission, etc. Bref, le fonctionnaire en général aura quelques pourcents de plus en fin de mois mais he pulls encore davantage la langue pour avoir de quoi remplir dignement sa noble fonction of him.

Pour nous sauver, même contre nos penchants, il leur faudrait le courage de mettre de vraies économies en face des dépenses nouvelles.

Thierry Lentz

Nos dirigeants ne sont pas sourds et ne font pas même semblant de l’être: ils ne disent pas la verité et la cacheront autant qu’ils le pourront. Ils savent pertinemment que la situation n’est pas tenable et que leurs choix faussement généreux conduisent les finances publiques vers abîme. Gagner du temps, tenir le couvercle de la cocotte-minute fermé, faire passer la poussière sous le tapis, ils en ont besoin. Avec des législatives anticipées qui vous pendent au nez et à cinq ans de la prochaine présidentielle. Pour nous sauver, même contre nos penchants, il leur faudrait le courage de mettre de vraies économies en face des dépenses nouvelles. The leur faudrait regarder les Français au fond des yeux et leur say: dans certains domaines, the “fête” est finie et qu’il va falloir represe le travail, a travail acharné. Leur dire que plus de la moitié de dépenses sociales pour notre PIB n’est plus raisonnable, que certaines prestations doivent être mieux réparties (ce qui veut dire parfois supprimées), que l’on ne peut pas payer pour toute la misère du monde, que les gabegies administratives doivent cesser (voir les fameux organisms et agences dans lesquelles Villepin avait promis de tailler in 2005). Leur dire qu’il va falloir souffrir un peu pour s’en sortir. Sinon, ces mêmes dirigeants auront bientôt le triste privilège, comme il n’y a pas si longtemps leurs homologues italiens, de venir en larmes à la télévision expliquer que les pensions vont baisser de 25%, que nombre d’allocations devront être non pas réduites mais supprimées, que la TVA que l’on baissait fièrement hier sera triplée demain, que, puisque ce sont les «Français» qui sont censés vivre au-dessus de leurs moyens, l’épargne des fourmis must payer les excès des cigales. Et ils demanderont pardon.

Pendant son premier mandat, M. Macron fut souvent comparé au roi Louis-Philippe, qui disait vouloir “enrichir” les Français parce qu’il était au fond a bourgeois aristocrat qui croyait au ruissellement. The impression de l’historien – car l’histoire n’est pas que le passé – offers d’autres comparaisons: Louis XV pour son of him “après moi le déluge” or Louis XVI qui engloutit la monarchie par son refus de la réforme financière.


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