Pourquoi fraudeurs et escrocs bénéficient encore et toujours de la confiance du public

(BFM Bourse) – D’Enron à Wirecard en passant par Let’s Gowex, les escroqueries financières se succèdent en ne laissant aux investisseurs trop crédules que les yeux pour pleurer. Le plus remarquable n’est pas habileté des fraudeurs, mais la confiance ahurissante dont ils disposent …

La première escroquerie financière (documentée) de l’histoire précède de plusieurs siècles l’ère chrétienne, lorsqu’un marchand grec nommé Hegestratos empocha à avance la vente d’une cargaison de blé qu’il n’avait aucune intention de livrer , comptant la revendre pour son compte et simuler le naufrage de son navire (pris sur le fait, l’aspirant aigrefin fine noyé). Depuis, les scandales continuent à rythmer l’histoire, de affaire du canal de Panama à la combine pyramidale de Charles Ponzi, ou plus près de nous Enron, Worldcom, Gowex, Theranos ou encore récemment le prétendu fleuron allemand des services de paiement Wirecard.

Or, à chaque fois que la supercherie est éventée, les acteurs qui se sont laissé berner découvrent stupéfaits à that point the affaire était cousue de fil blanc. Humain trop humain, the investisseur est perpétuellement victim de son besoin fondamental de faire confiance à autrui et de sa fascination of him pour l’histoire qu’on lui raconte …

Dans un ouvrage publié cette semaine aux éditions Bantam “Money Men” (non traduit), Dan McCrum raconte en détail l’enquête menée par son équipe au sein du Financial Times and here for the sake of -après des années de dénégation par les autorités allemandes- by entering the effondrement of the incroyable château de cartes qu’était Wirecard. L’étonnant succès de ce fleuron allemand des nouvelles technologies ne se fondait sur rien d’autre qu’une gigantesque fraude, ses profits n’existaient pas plus que la plupart de ses clients, comme beaucoup de lanceurs d’alerte l’avaient pourtant laissé entendre depuis des années.

Manque de moyens pour vérifier seul

Tout en livrant le récit haletant de son enquête, des menaces et intimidations qu’il a fallu affronter, Dan McCrum questions himself également sur cette confiance a priori incontroyable dont bénéficient les escrocs. À chaque fois les dindons de la farce n’en reviennent pas d’avoir été aussi naïfs, mais l’histoire se répète inlassablement. Pourquoi faisons-nous confiance aux fraudeurs?

Dans un article du Financial Times, notre confrère soulève plusieurs facteurs déterminants. D’un côté les sceptiques, tels que les vendeurs à découvert (les seuls qui aient un intérêt matériel à démasquer les fraudes), mènent un travail d’enquête au fondassez banal. À partir d’une première incohérence, d’un premier mensonge, the suffit de tirer la pelote et généralement les éléments à charge s’accumulent vite. Mais en matière d’vestissement, the plupart ne cherchent pas à vérifier le moindre fait. Nous investissons, comme nous interactissons avec les autres acteurs économiques, en supposant par defaut que les activités qui nous sont présentées sont réelles, en comptant sur le fait qu’il existe des institutions et des processus mis en place pour nous protéger des acteurs malintentionnés. Pas plus qu’un consommateur ne cherche à contacter l’éleveur du troupeau qui a donné son pack de lait au supermarché et ainsi de suite pour chaque article, un investisseur n’a à lui seul pas les moyens d’aller vérifier la réalité des créances clients de chaque entreprise dont il envisage d’acheter des titres.

Corn in the cas de Wirecard, les signaux était there depuis des années. “Vos derniers chiffres [résultats financiers] publiés sont fantastiques. C’est fou ce qui vous arrive. Les gens devraient regarder votre entreprise en disait ‘wahou’. Je suis ravi, je suis ravi d’être actionnaire “, assurait un gérant vedette de l’époque, Alexander Darwall, lors d’une téléconférence après une publication de Wirecard … en mars 2020, alors que le FT avait positivement affirmé depuis October 2019 qu’une large part des revenus et des bénéfices était imaginaire, documents internes bourrés de noms de faux clients à appui. Trois mois plus tard, Wirecard cessait définitivement de coter. Comment un gérant professionnel at-il pu aussi longtemps refuser de voir la réalité?

Lorsque vous avez investi dans le succès de quelque chose, vous voulez inconsciemment le voir dans la meilleure lumière possible et vous occultez les détails qui ne vont pas, explique Martina Dove, author of “The Psychology of Fraud, Persuasion and Scam Techniques: Understanding What Makes Us Vulnerable “(Routledge, not traduit), citée dans le Financial Times.

Une réalité too difficult to admit

Pour les investisseurs de longue date, il est très difficult de remettre en cause une position, surtout sur elle est très profitable. Alexander Darwall commenced à miser sur Wirecard in 2007, à un cours de l’ordre de 9 euros et vu le cours décupler et même plus. Il aurait pu sortir au plus haut (en 2018) mais est resté dans la baisse qui a suivi car remettre en doute la réalité de Wirecard aurait été pour him comme remettre en doute ses propres capacités of him. Here is the final amené à tout perdre …

The attitude des autorités allemandes a été particulièrement critiquée et à raison. La BaFin, a lancé à trois reprises des enquêtes à l’encontre … des critiques de Wirecard (2008, condamnant même des vendeurs à découvert, puis à nouveau in 2017 and 2019). Le régulateur des marchés financiers avait deux alternatives: conclusure que des spéculateurs et journalistes étrangers conspiraient en vue de causer du tort à un champion technologique allemand en s’appuyant sur une publication aussi solidement établie que le Financial Times, ou qu’un groupe belonging to the index vedette national était capable of mentir effrontément aux investisseurs institutionnels, aux banques et aux enquêteurs. La réalité était trop choquante, donc inconcevable.

Guillaume Bayre – © 2022 BFM Bourse

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