que veulent les jeunes?

Du sens et de l’éthique: c’est ce que que réclament les générations Y (née dans les années 1990) et Z (entre 1997 et 2010) dans leur rapport au travail. Une proportion non négligeable de diplômés des grandes écoles – environ 30% selon Arthur Gosset, jeune ingénieur nantais en rupture de ban (voir son portrait ci-dessous) – refuse désormais d’envisager une carrière au sein d’entreprises peu scrupuleuses en matière d’environnement, de respect des salariés ou de la diversity. Àautre extrémité du specter, les jeunes peu ou pas diplômés cherchent avant tout un emploi pour subvenir à leurs besoins. En fait, considérer “les jeunes” comme une catégorie homogène est une erreur. Pour Julie Bene, here at réalisé en 2019 l’étude “Les jeunes face au travail, un regard ambivalent reflet de disparités” pour l’INJEP (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire), «On a tendance à opposer la jeunesse aux autres générations. Cette approche est trop globalisante. Les plus dotés socialment ont les situations d’emploi les plus favorables, des CDI à temps plein par exemple, et ils sont plus sensibles à ce qu’on appelle la dimension expressive du travail: avoir un poste intéressant, avec des responsabilités, useful à the société. Les jeunes en difficulté mettent plus the accent sur la sécurité de l’emploi. Pour eux, cette dimension expressive passe clairement au second plan “. Un point commun à tous ces jeunes, those que soit leur situation professionnelle, est l’portance du travail dans leur vie. “Say que la valeur travail a disparu pour eux n’est pas forcément vrai. De plus, cette tendance n’est pas née avec les Gen Y et Z, contrairement à ce que l’on pourrait penser. Elle existait déjà pour les générations précédentes. On trouve des articles sur ce thème de la remise en cause du travail par les jeunes depuis les années 1980 “ précise Julie Bene. En revanche, celui-ci n’est plus le center de leur existence, comme il a pu l’être pour leurs parents et grands-parents. Famille, amis, loisirs comptent aussi énormément. Comme l’expliquent les sociologues Dominique Méda et Patricia Vendramin dans leur livre Réinventer le travail(PUF, 2013), les jeunes sont porteurs d’une “Conception polycentrique de l’existence” : leur vie, leur identité, leur système de valeurs sont organisés autour de plusieurs sphères (travail, famille, loisirs, etc.) formant un tout plus ou moins cohérent.

Télétravail et Grande Démission

Pour les jeunes interrogés dans l’étude INJEP, l’équilibre between vie professionnelle et vie personnelle est très important (51%) ou important (44%). Largement devant le fait d’être useful à la société dans le cadre de son emploi (29% et 59%) or le niveau de rémunération (28% et 64%). Depuis juin 2019, date de la publication de cette étude, un élément nouveau est apparu: la crise sanitaire, qui a profound affecté les 18-30 ans. Jean-Laurent Cassely, essayiste et journaliste, at écrit en 2017 La révolte des premiers de la class: métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines (Arkhê). Cinq ans et une pandémie plus tard, cette quête de sens existe toujours selon lui, mais le Covid a réorienté les priorités des jeunes diplômés: «Tous les DRH que je rencontre me disent la même chose. When ils arrivent à entretien d’embauche, the premières questions des jeunes impétrants sont “What sont the conditions de télétravail? Quel est le niveau de flexibilité de votre organization?”. Certains obtiennent même des “full remote” (temps plein à distance) ». Pour les jeunes salariés peu qualifiés qui exercent dans les métiers de service comme la restauration, le e-commerce ou la santé, les “deuxième ligne”, on assiste à une vague de démissions. «Ces jeunes qui étaient pris dans l’urgence avant le Covid ont bénéficié of a chômage technique qui leur a donné le temps de réfléchir. Ils se sont mis à reconsiderer leur emploi et leur place dans la société. Certains, démotivés, n’ont pas repris leur poste “ explique Jean-Laurent Cassely. Ce n’est pas encore la Grande Démission américaine, qui a vu à partir de juillet 2020 des millions d’Américains unsatisfaits de leur travail ou de leur salaire quitter leur emploi. Mais le mouvement existe: 1 300 étudiants en soins infirmiers ont démissionné between 2018 and 2021 selon le ministre de la santé Olivier Véran en visits à l’hôpital de Blois (Loir-et-Cher) on 28 October 2021. Le secteur de l ‘ hôtellerie-restauration a perdu 237 000 employés pendant la crise sanitaire selon la Dares (Direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques). Now, 40% des salariés de ce secteur ont moins de 30 ans selon Pôle Emploi.

L’entreprise rêvée: local and solidarity

Face à un avenir incertain, les jeunes se tournent vers l’État. D’après l’enquête du Crédoc, “Conditions de vie et aspirations janvier 2020 et janvier 2021”, 29% aimeraient que les pouvoirs publics les aident à trouver un emploi, soit une progression de 8 points pour cet indicateur depuis 2020. Mais qu ‘attendent-ils du secteur privé? C’est le sujet de l’étude «Les jeunes et l’entreprise» of November 2021 created by the Fondation Jean-Jaurès, the Macif et BVA. Premier enseignement: when on évoque l’entreprise, le premier terme employé par les jeunes est travail (40%), loin devant salaire (12%) or argent (14%). Pour les 18/24 ans, le rôle principal d’une entreprise est avant tout de créer de l’emploi et d’embaucher des gens (57%). Viennent ensuite son utilité pour la société (19%) and donner les moyens aux salariés de s’épanouir professionnellement (15%). Ils ne sont que 11% à citer «anticiper les transformations sociales et environnementales». The «génération climat» représentée par Greta Thunberg est encore très minoritaire. L’idée répandue que la jeunesse actuelle réclame an engagement fort des entreprises en matière sociétale est tempérée par les results de cette étude. Seuls 29% (mais 40% des Bac + 3) estiment que l’entreprise doit aujourd’hui s’engager en priority en faveur de la preservation de l’environnement, 27% contre le racisme et les discriminations, 25% contre les inégalités entre les femmes et les hommes et 22% against les inégalités et la pauvreté. Néanmoins, ces jeunes-la ont bien changé depuis les années 1980, quand le but était d’intégrer un grand groupe et d’y faire carrière. Leur entreprise idéale est d’abord locale (39% et jusqu’à 43% en province), c’est une start-up (26%) or une ESS (entreprise de l’économie sociale et Solidire) (25%). Les rois du CAC 40 ne séduisent que 13% (mais quand même 22% des Bac +3) des respondants. Une fois embauchés, les 18/24 veulent que l’enterprise leur démontre du respect (58%) et de la confiance (45%), loin devant l’engagement (17%) ou l’exemplarité (9%). Enfin, une forte proportion (43%, et 54% pour ceux qui rêvent du CAC 40) cherche d’abord un poste bien payé, et ensuite seulement une activité intéressante (32%) et du temps disponible pour leur vie personnelle (30% ). Le télétravail, popularized during the crisis health, intéresse 4 jeunes sur 10 qui souhaitent avoir la possibilité de travailler depuis chez eux quelques fois (42%). Face au travail, les jeunes sont à la fois semblables à leurs aînés (avoir un bon salaire et un job intéressant) et différents (plus de valeurs, un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle). Comme le souligne la sociologue Patricia Vendramin dans le numéro 86 de la revue Agora Débats / Jeunesse October 2020, pour cette jeunesse de 2022, “Le travail continue à jouer le rôle de grand intégrateur social”.

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Arthur Gosset, l’ingénieur en rupture (Nantes)

Arthur Gosset, 24 years, ingénieur diplômé de Centrale Nantes en génie environnemental, n’ira pas travailler dans une multinationale. The fait partie de cette génération pour qui the adaptation entre son emploi et ses valeurs of lui n’est pas négociable. En 2019, the réalise Ruptures, a documentaire sur le changement de cap des étudiants des grandes écoles face aux enjeux écologiques et sociaux de notre époque. The y suit six jeunes qui ont choisi de vivre conformément à leurs convictions et cela «quoi qu’il en coûte». Un an avant, Nicolas Hulot était ministre de la Transition écologique, des marches pour le climat avaient rassemblé des milliers de jeunes, 35 000 étudiants prêts à boycotter les entreprises qui ne s’engagent pas pour la planète quitte à gagner moins avaient signé un manifeste . «Une de mes amies a décidé de faire son stage de deuxième année dans une association au lieu d’un grand groupe. Son per her to arrêté de lui to speak car, pour him, c’était un échec dans son parcours professionnel of her. J’ai voulu évoquer ces choix et les ruptures qu’ils peuvent provoquer “ explique Arthur Gosset. Depuis, the organise des projections dans les grandes écoles, les entreprises et les associations pour présenter ces six parcours à d’autres jeunes qui s’interrogent sur leur avenir. “The existe une prize de conscience dans les grandes écoles qui forment les élites afin de réadapter leurs cursus en prenant en compte les enjeux environnementaux et sociaux” se félicite le jeune ingénieur. Quant aux grands groupes, “Ils n’ont pas tous forcément compris qu’on recherche des jobs utiles et soutenables” ajoute le néo-documentariste. Pour him, ya urgence: selon une étude de The Lancet Planetary Health de septembre 2020, 75% des 16-25 ans ont peur de avenir et sont attiints d’éco-anxiété. Entre valeurs personnelles et peur de décevoir leurs proches, ou d’être déclassés socialement, les jeunes diplômés ont du mal à se situer. Arthur Gosset et sa companions of him eux ont choisi. Ils ont d’autres projets de documentaires et vont créer leur entreprise pour concilier travail et convictions.

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Chloé Coudray, the future énarque qui veut partager l’éco (Paris)

T La Revue n ° 9

Chloé Coudray, 24 years, graduated in droit et sciences économiques, preparing the ENA. Elle s’intéresse also à l’économie et a cofondé the Partageons l’Éco think-tanks, here at pour objectif de vulgariser l’économie en partied avec l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il publie des fiches concepts, des graphiques et des articles sur l’actualité économique. «Je partage les aspirations des jeunes d’aujourd’hui mais je ne suis pas en rupture avec les grands groupes. Je pense qu’il est possible de les faire évoluer de intérieur “ explique la jeune femme. Pour elle, ces grandes entreprises critiquées par certains sont a pôle de stabilité and de crédibilité, dans lequel les jeunes peuvent to inscribe leurs valeurs. «The s’agit d’agir en interne pour les amener vers les mêmes objectifs de respect de l’environnement et d’éthique que réclame la jeunesse actuelle. Dans le logement, certains urbanistes préconisent de réhabiliter plutôt que détruire et reconstruire de zéro. La même méthode peut être appliquée dans ces grandes entreprises “ estime la future haute fonctionnaire. Mais comment réformer ces grosses structures très hiérarchisées de intérieur? Chloé Coudray estime, après plusieurs stages en entreprise, que les jeunes sont désormais écoutés: «On nous fait davantage confiance. Je pense que nous pouvons être une source d’inspiration qui influencera les décideurs “. Étudiante à la Sorbonne, elle a côtoyé des étudiants révoltés, “Parfois peu mesurés et peu crédibles” selon elle, here if construisent contre ces grands groupes. Doit-on s’attendre à un schisme entre des diplômés qui refusent toute compromission et ceux qui acceptent de jouer le jeu? «Le marché du travail est déjà polarisé between the plus qualifiés et ceux qui ont moins de diplômes. Il y aura sans doute une second division de ce type. J’espère que nous arriverons à travailler ensemble pour ne pas créer de rupture intragénérationnelle ” concluded the student.

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Article issu de T La Revue n ° 9 “Travailler, est-ce bien raisonnable?” – Actuellement en kiosque et disponible sur kiosque.latribune.fr/t-la-revue

T La Revue n ° 9